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Validité des chartes Internet
Serait-ce suffisant d’élaborer une charte pour éviter à l’employeur toute responsabilité ou vaut il mieux réguler l’utilisation d’Internet via un outil, c’est-à-dire une solution de gestion d’usage d’Internet ? . ……………………………………… Il existe des règles qui s'imposent à l'employeur qui veut mettre en place des procédés de contrôle de ses salariés. Deux principes s'opposent et doivent être mis en balance : d'un côté l'employeur est en droit de contrôler la bonne exécution de leur travail par ses salariés. D'un autre côté, le salarié a droit au respect de sa vie privée même dans le cadre de son contrat de travail. Le contrôle de l'employeur doit s'opérer sans porter atteinte à la vie privée de ses salariés. Trois conditions sont nécessaires :
Depuis plusieurs années, les employeurs adoptent au sein de leur entreprise, un certain nombre de dispositions qui visent à informer les salariés sur les modalités d’usage d’internet. Le terme employé pour qualifier ces textes est celui de « charte ». Il peut s'avérer utile pour attirer l'attention de chacun sur ses responsabilités de rédiger une charte d'utilisation de l'Internet. Cette charte résumera les droits et obligations des salariés, attirera l'attention sur leur responsabilités. Le contenu de ces chartes est très divers. Certaines ne sont que des rappels généraux de consignes de prudence ou de bonne utilisation des technologies. D’autres entendent poser des obligations pouvant faire l’objet de sanctions. De même, le statut des chartes diffère d’une entreprise à l’autre. Certaines prennent la forme d’annexes au règlement intérieur, d’autres sont de simples documents portés à la connaissance des salariés. L’importance des chartes est incontestable : elles ont souvent permis une première clarification des règles applicables dans l’entreprise. La charte est un document confidentiel discuté avec les représentants du personnel et diffusé en interne de manière à être consultable par tous les employés. Pour être applicables, elles doivent être soumises pour avis au Comité d’Entreprise ou, à défaut, à l’avis des délégués du personnel ainsi que, le cas échéant, à l’avis du comité d’hygiène et de sécurité. Elles doivent également faire l’objet de mesures de publicité et être transmise à l’inspecteur du travail. (article L122-36 du code du travail) La cybersurveillance peut porter sur la quantité de travail produite par le salarié à l’aide de l’outil informatique, ou sur son affectation à l’usage pour lequel il lui a été remis. En pratique, la plupart des chartes optent pour le deuxième type de contrôle. La CNIL a énoncé qu' " une interdiction générale et absolue de toute utilisation d'Internet à des fins autres que professionnelles ne paraît pas réaliste dans une société de l'information et de la communication ". Elle a recommandé un " usage raisonnable ", afin de garantir un accès normal au réseau Internet sans entraver la liberté d'action du salarié. On observe que les entreprises utilisent de plus en plus un bridage technique de l’accès à l’Internet, ce qui démontre que la mise en place d’une charte n’a pas été suffisante pour limiter les abus. En février 2002, la CNIL, dans un rapport a estimé que les entreprises avaient atteint une étape supplémentaire en termes de surveillance dans les activités des employés : l’outil informatique permettant de décrire précisément des profils et le type d’activité exercée. Alors que les systèmes de vidéosurveillance et les badges sont visibles, la traçabilité informatique s’opère de façon « invisible ». Cette nouvelle situation entraîne alors une nouvelle conception du lien de subordination.
Pour des raisons de sécurité, les entreprises peuvent également justifier un contrôle plus étroit. Outre le fait qu'un tel système devrait faire l'objet d'une déclaration à la CNIL, d'une information des salariés et du comité d'entreprise le cas échéant, sa mise en place devrait être justifiée par un intérêt légitime et non dans le seul but de contrôler l'activité professionnelle des salariés. La CNIL a préconisé en ce qui concerne le contrôle des connexions à Internet :
Pour conclure on peut mentionner le fait qu’aujourd’hui, la majorité des entreprises ont décidé de mettre en place des limites sur les usages du Net de leurs salariés. 70 % des entreprises régulent désormais l'Internet. Pour 49 %, cette régulation passe par un bridage technique de l'accès. Un bridage plus ou moins fort, notamment selon le niveau hiérarchique des salariés. |
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