METAS ET CODE SOURCE

Définitions

Les métas sont des informations inclus dans une page web, invisible pour l'utilisateur mais qui permettent de définir des mots clés pour l'indexation dans les moteurs de recherche. Quand un internaute fait une recherche avec un mot clé , la page d'un site web, qui contient ce mot clés dans ses métas, apparaîtra en tête dans les réponses, même si le site ne présente aucun rapport avec ce mot.

D'ou de multiples problèmes: les métas permettent par exemple qu'une recherche sur le nom d'une société emmène le visiteur sur la page web d'un concurrent qui aura placé comme méta le nom de la société.

I. Des solutions françaises

A) Affaire Citycom, CA Paris, 3 mars 2000

Dans cette affaire, la société Citycom vendait des produits Chanel sans faire partie du réseau de détaillants agréés de la marque, et avait inclus dans le code html des pages web du site, les mots clés "Chanel" et "Coco" dans les balises métas .

Le litige avant dans un premier temps échappé à une décision juridictionnelle, puisque les deux sociétés avaient transigé.

Un arret de la 14ème chambre de la cour d'appel de Paris du 3 mars 2000 a condamné la société Citycom pour contrefaçon.

La Cour a considéré que l'emploi des mots " Chanel " et " coco " dans les métas constituait une contrefaçon et une utilisation abusive des marques de Chanel.

B) Affaire Marketingenligne, Tribunal de commerce de Marseille, 26 octobre 2000

Les noms de domaine enregistrés par un associé d'une société, préalablement à sa création, et qui vend ensuite ses parts dans celle-ci, continue d'appartenir à ce dernier.

En conséquence, la société "Marketing en ligne" créée après l'enregistrement des noms de domaine "marketingenligne.com" et "marketing-enligne.com" ne peut plus les utiliser.

Outre l'interdiction sous astreinte de ne plus s'en servir, le tribunal de commerce de Marseille a ordonné à la société, de prendre toutes les mesures pour modifier ses référencements dans les moteurs de recherche et annuaires.

C) TGI Draguignan, 18 decembre 1998, Thouvenin c/ Merlin

Il s'agissait ici, des conséquences d'une décision de référé interdisant l'utilisation d'un nom de domaine. Le TGI a décidé que l'interdiction de l'utilisation d'une marque comme nom de domaine s'étendait à tous les modes d'accès au site concerné : adresse URL et meta-names.

Les sanctions de la contrefaçon sont : 2 ans de prison et 1.000.000 F d'amende

II. Des exemples etrangers

A) La jurisprudence américaine

Les affaires Playboy

- Contre une société :

Une société avait utilisé comme métas les mots " Playboy " et " Playmate ". La société Playboy a réagi en intentant une action en contrefaçon et concurrence déloyale. Les tribunaux ont donné raison à la société Playboy, considérant qu'il y avait en l'espèce un véritable détournement de clientèle.

- Contre une ancienne playmate

L'hypothèse était exactement la même. Mais une playmate avait utilisé dans les métas les mots " Playboy " et " Playmate ". Le juge a ici refusé l'interdiction demandée par la société Playboy en considérant que l'utilisation était légitime ( l'arrêt retient la notion de " fair use " ). Le tribunal a retenu que l'ancienne playmate ne laissait en rien croire eux visiteurs qu'ils étaient sur un site de la société Playboy.

Dans l'affaire Eli Lilly Co v/ Natural Answers, Inc. du 21 nov. 2000( Cour d'appel fédérale), la société pharmaceutique Eli Lilly, propriétaire du médicament Prozac, reprochait à la société Natural Aswers la distribution sur Internet d'un produit euphorisant à base de plantes appelé "Herbrozac ".

Cette société avait inséré dans le code source de son site le mot clé (meta-tag) "Prozac ".

La Cour a jugé qu'" utiliser la marque d'un tiers dans ses meta-tags équivaut à installer un panneau comportant la marque d'un autre devant son magasin" et qu'un tel comportement "constitue une preuve suffisante de l'intention de confondre et de tromper".

B) La jurisprudence belge

Tribunal de commerce de Bruxelles : Affaire Belgacom

Dans cette affaire, la société Intouch avait utilisé comme metatags le nom de son concurrent " Belgacom ". Le tribunal de commerce de Bruxelles, fondant sa décision sur le droit des marques belge, a condamné la société Intouch à cesser d'utiliser les termes incriminés sous astreinte.

CONCLUSIONS:

Sous prétexte que les metas sont invisibles à l'oeil nu, ne pensez pas que le droit ne peut s'y imiscer ! Utilisez les à bon escient et pensez aux conséquences juridiques potentielles....

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