Famille
   La séparation des époux ou des concubins
    Les biens matériels

 J'ai mon ami qui est en instance de divorce depuis 1999. Nous nous sommes connus en 2000, sa femme le découvrant à déposer une demande de divorce pour faute. Ayant une maison en commun, elle demandait à titre de prestation compensatoire la somme de 40 000 euros à mon ami. Peut-il exiger-du juge - qu'elle vende la maison ?
En ce qui concerne la vente de la maison, le juge pourra ordonner la vente de la maison afin d'en partager le prix. Cependant, étant donné que l'épouse s'occupera des enfants et n'a pas d'autre logement, il est peu probable que le juge prononce cette vente immédiatement.

Mariés sous le régime de la communauté réduite aux acquêts, nous sommes en train de divorcer. Selon nos accords, je garderai l’appartement que nous habitions. Mon mari refuse de continuer de payer sa part de l'aménagement de la cuisine et il reste 36 mensualités.
Si vous avez signé le crédit en commun, votre mari est obligé de continuer à le payer avec vous. Sinon, au cas où vous ne seriez plus en mesure de le faire seule, l’organisme prêteur se retournera contre lui. En effet, vous êtes chacun responsable, conjointement et solidairement, des dettes contractées ensemble pendant le mariage et ce jusqu’au jour où le divorce est enregistré sur le registre d’Etat civil... à moins que le juge ne décide, sur la demande de votre avocat, que les effets du divorce ne remontent au jour du dépôt de la requête en divorce au tribunal.

J’ai entamé une procédure de divorce pour faute contre mon mari, car il m’a quittée. Nous étions mariés sous le régime de la communauté réduite aux acquêts. Suis-je responsable des dettes qu’il continue à faire ?
Malheureusement, oui... tant que le divorce n’est pas transcrit sur l’acte de mariage au registre d’Etat Civil, sauf si le juge applique l’article 262-1 (alinéa 2) du Code Civil qui stipule que "l’effet du divorce, en ce qui concerne leurs biens, soit avancé à la date où par la faute de l’autre leur cohabitation a cessé." Si le juge refuse, vous pourrez toujours vous retourner contre votre ex-mari, une fois le divorce prononcé, en lui réclamant le remboursement des dettes ainsi crées dès lors qu'elles ne concernent ni l’éducation des enfants, ni l’entretien du ménage (des dettes de jeu, par exemple).
(paru dans "Dossier Familial", avril 1996)

Nous avons vécu en concubinage pendant 5 ans avant de décider de nous séparer. Comment procéder au partage ?
En théorie, vous reprenez chacun ce que vous avez acheté vous-même. En cas de litige, si vous vous retrouvez face à un juge, seuls les achats dont vous avez conservé les factures seront pris en compte. Faites donc attention aux achats établis au nom de l’un des concubins et remboursés par l’autre en argent liquide !

Ma fille et mon gendre ne veulent plus vivre ensemble, mais ils ne désirent pas divorcer. Peuvent-ils se séparer à l'amiable sans avoir recours au juge ? Comment ma fille peut-elle faire pour être sure de ne plus avoir à l'avenir à payer les dettes de son mari ?
Il est possible de se séparer à l'amiable sans passer devant un juge... Mais, légalement, votre fille et votre gendre seront toujours considérés comme mariés.
En conséquence, selon l'article 220 du Code Civil, chacun restera responsable des dettes de l'autre époux, sauf si ces dettes ont été contractées pour des dépenses excessives, des emprunts ou des achats à tempérament (dès lors que ces derniers portent sur de faibles sommes, nécessaires à la vie courante).


Mon mari, dont je suis séparé de corps, a fait sauter aux explosifs la maison qui nous appartenait. Des matériaux en provenance de cette maison ont détérioré la maison de ma voisine. Suis-je responsable, au même titre que mon mari, de ces dégâts ?
Non. Selon les tribunaux, seul votre mari devrait être considéré comme responsable de ces dégâts.( Cour de Cassation du 4 mars 1998)

Prestation compensatoire :
somme versée sous forme de rente ou de capital par une personne à son ex-conjoint, à la suite d'un divorce.
Juge :
fonctionnaire dont la situation est régie par le statut de la magistrature. Magistrat du Siège (par opposition au Magistrat du Parquet).
Divorce :
dissolution d'un mariage. Tout en maintenant le divorce pour faute, la loi du 11 juillet 1975 institue le divorce par consentement mutuel (sur requête conjointe ou demande acceptée) ou pour rupture de la vie commune.
Avocat :
soumis à la discipline d'un barreau, l'avocat conseille ses clients en matière juridique, judiciaire et fiscale. Il peut également être amené à les représenter ou les assister en justice. L'avocat est inscrit à un barreau, établi auprès de chaque Tribunal de Grande Instance.
Tribunal :
composé d'un ou de plusieurs juges, il a pour mission de juger.
Code Civil :
recueil d'un ensemble de lois et de décrets en matière de droit civil.
Bien :
toute chose dont on dispose et qui fait l'objet d'un droit réel.
Exemple : propriété et ses démembrements (servitudes, usufruit).
Concubinage - concubins :
caractérise deux personnes qui vivent ensemble, sans être mariés, et qui n'ont pas de liens juridiques entre eux.
Cour de Cassation :
siégeant à Paris, juridiction suprême des juridictions de l'ordre judiciaire. Son rôle n'est pas de juger une affaire, mais d'assurer le respect de l'exacte application des lois.

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Murielle Cahen ©1997-2008

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