|
La VOD est-elle
légale ?(5 février 2008)° La Vidéo à la demande (VàD), la vidéo sur
demande (VsD) ou encore de son générique anglais « demand on video »
(VoD) est la possibilité de visionner des programmes vidéo sur un support
numérique en choisissant les programmes en question. D’un point de vue
juridique elle se définit selon l’article 1 du projet de directive européenne
« services de médias audiovisuels » comme étant un service non
linéaire c''est-à-dire « un service de média audiovisuel pour lequel l’utilisateur
décide du moment où un programme spécifique est transmis sur la base d’un
éventail de contenus sélectionné par le fournisseur de service de média »[1] La VOD s’est développé au début des
années 2000 grâce à l’explosion du haut débit et du développement du numérique.
Elle peut être considérée comme une réponse au téléchargement illicite de film.
Cependant, la VOD est au carrefour entre le monde de l’audiovisuel et le monde
de l’Internet. C’est pourquoi la question de sa légalité se pose à savoir si on
applique le droit de l’audiovisuel ou si on tient compte de la réglementation
concernant Internet. La conciliation entre la réglementation audiovisuelle et
réglementation d’internet A l’origine le langage 0 et 1 était
d’abord réservé à l’informatique. Mais aujourd’hui, on utilise aussi ce langage
dans les télécoms et l’audiovisuel, c’est le processus de convergence des
technologies. Ceci se constate notamment dans les offres “triple-play” tel que
l’audiovisuel par la TV et Internet. L’audiovisuel répond à des règles bien spécifiques
régies par la loi n° 86-1067 modifiée sur la communication qui instaure
notamment la chronologie des médias. C’est la règle selon laquelle on ne peut
pas diffuser en même temps un film sur grand écran et à Le service de communication électronique
quant à lui, est régulé par l’ARCEP et instauré par le code des postes et des
communications électroniques. Le service de communication au public en
ligne, notamment la VOD, a été instauré par La
VOD entraîne à faire la distinction entre les notions de services linéaires et
non linéaires. Le cadre législatif Les sources de la VOD ne sont pas strictement
encadrées par une loi. La VOD trouve sa source un peu dans des directives, le
code des postes et des communications électroniques, les lois relatives à
l’audiovisuelle, la loi de confiance en l’économie du numérique, la loi sur les
droits d’auteur et droit voisin de la société de l’information, mais aussi
jurisprudence. Concernant, l’audiovisuel, il y a
des règles communes aux services linéaires et non linéaires et donc applicables
à Concernant la protection du film en tant
qu’œuvre audiovisuelle, le TGI de Pontoise a estimé, en date du 2 février 2005,
que la mise en ligne d’une œuvre audiovisuelle par voie de téléchargement
ascendant, sont régis par les règles applicables en matière de propriété
intellectuelle et ne peuvent se faire au détriment Un débat européen s’est installé sur la
question de la révision de la directive « télévision sans
frontière » à savoir, faut-il appliquer les règles de « quotas »
et les obligations de contributions économiques à la « diversité
culturelle » aux nouveaux services sur Internet proposant des contenus
audiovisuels. Si la France émet une attitude positive, d’autres états membres tels
que le Royaume unis sont réservés. La remise en question de la légalité de la VOD Si
avant la directive de CE n°2001/ 29, la question concernant la nature de la
mise à disposition de contenu Internet faisait débat, aujourd’hui ce débat n’a
plus lieu d’être. En
effet, avant on distinguait les sites qui fonctionnaient par voie de streaming
de ceux qui fonctionnaient par voie de téléchargement. La VOD du type streaming
permet à l’opérateur d’utiliser ses fichiers au fur et à mesure que les données
parviennent sur l’ordinateur de l’utilisateur. Concernant la VOD de type
téléchargement, l’opérateur doit tout d’abord numériser l’œuvre et ensuite lire
le fichier. Cette
distinction permettait d’appliquer des régimes juridiques différents. Le modèle
streaming relève aussi bien Selon
l’article L122-2 « La représentation consiste dans la communication de l''œuvre
au public par un procédé quelconque, et notamment par la télédiffusion ». En
d''autres termes, il y a représentation par le moyen du réseau numérique même si
l’éditeur du site ne fait lui-même aucun « acte positif d’émission »
et s’il se contente de « mettre à disposition « le contenu de son
site. Quand l’éditeur d’un site met l’œuvre d’un auteur à la disposition des
internautes, il met en cause le monopole de représentation de l’auteur. En
d''autres termes, un débat autour de la reproduction et la représentation des
œuvres risque de se poser dans la mesure où le régime juridique diffère. La
remise en question de la légalité de la VOD peut également se poser quant à la
chronologie des médias. Le rapport Olivienne, essaie de trouver des
alternatives à ces problèmes. Il a été préconisé de ramener le délai sur la VOD
qui est de 7 mois et demi à un délai plus court. La
question de la légalité de la VOD est donc complexe dans la mesure où elle fait
entrer en jeu plusieurs droits qui ne sont pas toujours conciliables. [1] Charles-Edouard Renault « la VOD une
pomme de discorde dans la nouvelle économie du cinéma ? » Légipresse
n°231 mai 2006 p 48 |
Télécharger l'article.